prologue

Publié le par delville

Ami lecteur, laisse au septuagénaire que je suis devenu, se présenter sommairement car il est difficile et présomptueux de parler de soi.

Parti au Maroc en 1947 avec un père instituteur, j'y ai vécu toute ma jeunesse en étant le témoin de comportements à tendance fortement "colonialiste". Marqué par ces attitudes je n'ai pas voulu faire la guerre d'Algérie. Je suis devenu professeur de mathématique tout en consacrant mon temps libre à essayer de comprendre et d'aider des populations dont la misère est croissante. Le tourisme qui est une manne financière pour certains pays est l'arbre qui cache la forêt . A coté des usines créées par la délocalisation, où les salaires sont minimes et la couverture sociale nulle ou quasiment nulle, il existe une misère en croissance exponentielle. Il n'y a pas de volonté politique pour tenter de combattre la misère. Malgré le travail énorme des ONG, ce n'est qu'une goutte d'eau dans la mer. cela ne doit pas interrompre l'aide humanitaire parfois confisquée ou pillée.

Mon écrit est un petit témoignage sur un vécu parsemé de bons et de mauvais moments.

De part ma passion pour le moyen âge je place ce récit, en forme de fiction à l'époque faste d'Al Andalus ( L'Andalousie arabe). J 'y fais cotoyer des personnages qui ont réellement existé sans s'être, sauf deux, rencontré. Ce sont des êtres de lumière qui marquèrent fortement leur temps par leur sagesse, leur savoir leur comportement. C'est en quoi ils sont devenus "immortels".

Je me pencherai d'abord sur le problême de la marginalité.

Il y a des mots qui, lors de leur voyage dans le temps, changent de sens. Par exemple, la notion de critique est souvent considérée sous son aspect négatif. Elle est aussi positive.

Dans les années 80 la notion de marginalisation a pris une grande importance. le phénomène se retrouve dans de trés nombreuses sociétés et remonte à des temps anciens. L'état actuel d'exclusion sociale ne recouvre pas forcément , ni exactement celui de la pauvreté.

De plus en plus de personnes, qui se trouvent en situation de vulnérabilité sociale, en finissent par se trouver déclassées ou de disqualifiées en tant que membres de leurs catégories initiales d'appartenance.

Il existe d'autres formes de marginalisation : la famille, la culture, la scolarisation, les causes traditionnelles dont la marginalisation des femmes. Cela rappelle la parole de René Dumont qui, en 1962, écrit dans son livre "LAfrique Noire est mal partie" : "Tant que les femmes se serviront de leurs têtes pour porter les charges elles seront exclues d'une avancée démocratique dont elles devraient être, au contraire, le principal moteur". Dans de trés nombreux pays les femmes sont méprisées et traitées en esclaves.

Ce qui est de mon propos , c'est la marginalisation dont sont victimes certains êtres de génie qui ont été écartés et condamnés pour avoir osé affronté les pouvoirs en place. C'était aussi des marginaux. ils étaient en marge de la société tout en étant obligés de la subir.

A ces personnes correspond la notion de charisme. C'est le grand prestige exceptionnel basé sur l'éloquence, la grande intelligence en exerçant une grande fascination.

Enfin il existe de trés nombreux anonymes qui oeuvrent sans relâche dans le tiers ou le quart monde pour essayer de pallier à la terrible misère qui envahit notre planète.

Tous ces anonymes sont aussi des marginaux. Ils ont choisi une autre voie que celle que l'on pourrait qualifier de "normale". Nul n'est en droit de juger. Chacun a son chemin. Qu'ils appartiennent à la Cimade, à Terre des hommes ou à Médecins sans Frontières par exemple, ce sont des anonymes qui cultivent ll'amour et le don de soi.

Le personnage central est une forme archétypale de la mystique musulmane, le soufisme. Je l'ai appelé Ibn al Hakim ( le fils de la Sagesse)

Voici une sommaire biographie des autres intervenants

Ibn Arabi (1165,Murcie-1240,Damas) est considéré comme le plus grand mystique musulman le monde monothéiste. En 1179, à 14 ans il rencontre Averroes (voir plus loin) à Cordoue. Il acquiert une science considérable en lisant différents maîtres. Son oeuvre est le sommet du soufisme '846 ouvrages recensés).Sa profondeur se situe dans la rencontre entre l'intelligence, l'amour et la connaissance. Son oeuvre est marginalisée par l'Islam othodoxe.

La clef de voûte de sa pensée est l'Imagination Créatrice.

Moïse Maïmonide (1138,Cordoue-1204,Fostat,Egypte), excella en tout, notamment en médecine. En tant que représentant émerite du judaisme il influença profondément le monde non juif (Maître Eckhart, Thomas d'Aquin et bien d'autres). Comme philosophe, il introduisit la logique d'Aristote dans la pensée juive. Son apport essentiel est une tentative de conciliation entre science et religion.

Ibn Ruchd (1126,Cordoue-1198,Marrakech), plus connu sous son nom latin d'Averroes est à la fois un philosophe, un thélogien islamiste, un juriste, un mathématicien et un médecin musulman. Son oeuvre, reconnue en Europe Occidentale, est liée aux commentaires d'Aristote. Dés 1195 il est victime de suspicions afin d'anéantir son prestige. Accusé d'hérésie, il n'aura pas de postérité en terre d'Islam. Son oeuvre sera sauvée par des traducteurs juifs. Elle passera dans le monde latin.

Maïtre Eckhart (1260,Hochheim-1327), théologien fut influence par Aristote, Averroes et Maïmonide). Ses idées le marginalisèrent. Il est dénoncé à l'Inquisition. Un procés en hérésie est instruit à son encontre en 1327. Il meurt à cette date et il est condamné par le pape Jean XXII en 1329.

Moïse de Leon (1240-1305) est un rabbin espagol auteur du Sefer Ha Zohar, l'ouvrage le plus important de la mystique juive, la kabbale.

Alphonse X de Castille dit le Sage où le Savant (1221,Tolède--1284,Séville) fit travailler à Tolède des savants et traducteurs , juifs chrétiens et musulmans. Il cultiva le savoir et la tolérance.

Tout est religieux au Moyen Age. C'était le seul mode de vie et d'expression. C'est pourquoi il fallait beaucoup d'intelligence et d'audace. Certains y perdirent la vie. Is étaient des marginaux au sens le noble du mot.

Commenter cet article