chapitre 20

Publié le par delville

Mansour et Abderrahim sont arrivés à la zaouia. Ils vont directement se recueillir sur la tombe de 'Ali. La salle de prières est pleine. De nombreux disciples sont arrivés aprés avoir appris la mort du maître. Il y règne un parfum d'encens et de myrrhe. Une dernière collation est prévue pour les visiteurs qui sont prèts à repartir pour l'Espagne sauf Ibn Ruchd exilé définitivement qui descendra sur le Sud Marocain. C'est l'ex roi Alphonse X le Sage qui cloture l'évènement.

"Ma vie fut parsemée de nombreux incidents, luttes intestines et complots. Elle n'a plus aucun intérêt. Mais alors pourquoi suis-je parmi vous? Malgré les fonctions du pouvoir qui m'ont pertubé plus qu'interessé j'ai fait de Tolède une ville cosmopolite ou travaillent ensemble juifs, chrétiens et musulmans. Aprés avoir perdu et abandonné le pouvoir je me suis mis en quète de personnages remarquables avec lesquels je suis aujourd'hui. Je donne à votre confrérie un exemplaire traduit en arabe des tables astronomiques composées à Tolède. C'est n'est pas mon ami Averroes qui me contradira. Je tiens aussi à laisser copie d'un manuscrit que je considère comme trés important . Il s'agit du recueil "Kalila wa Dimna". C'est une traduction des fables de Bidpaï, fables animalières indiennes dirée du Pantchatantra. L'adaptation du persan en arabe fût le prétexte d'enseignements sous couvert de fables. Le recueil était destiné aux dirigeants.( Abondamment traduit Jean de la Fontaine s'en inspira (Le chat, la belette et le petit lapin- les Deux pigeons- la laitière et le pot au lait...)). L'ouvrage est à comparer à la conférence des oiseaux de Attar.

Il faut savoir profiter d'un évènement pour exprimer des idées sans pour cela étouffer l'auditoire. Je suis convaincu qu'à coté de l'aspect littéral du Coran et du Bible, il existe une voie complémentaire plus subtile qui permet la méditation et l'ouverture d'esprit. Rien n'est figé. Les individus ne sont pas Dieu. L'évolution des idées est d'une extrèle lenteur.Cela demande des siècles. Des hommes comme 'Ali ont tout entrepris au péril de leur vie pour éclairer les êtres. La patience est une vertu cardinale. Si pendant ta vie tu montres le chemin, ne serait ce qu'à une seule personne, l'immortalité t'ouvrira les bras. Je vous embrasse comme le recommandait le kabyle chrétien Saint Augustin, dans la paix de la vie éternelle. Je rajoute un clin d'oeil à mon ami Ibn Ruchd car nous sommes tous les deux intéressés par Aristote."

le Maître avait expliqué qu'au cours de son devenir terrestre, le disciple aurait à entreprendre la phase de remontée et de retour vers son origine. Chacune des stations ou demeures spirituellesinterpose entre lui et et la finalité un voile. Une certaine nuit, 'Ali avait une inspiration . C'est alors que, en se réveillant, il perçut dans son coeur un appel de son Seigneur à composer un traité sur la signfication secrète du Voile qui s'interpose entre l'Ami et ses Fidèles d'Amour sur les parcours de leurs étapes mystiques au cours du difficile chemin de la Quète. Lorsque le voile disparait le miracle s'accomplit sans dans l'être intime sans que ce dernier s'en rende compte. La Lumière est en nous. C'est au postulant de la rechercher. Telle est la démarche dans la Voie quelle que soit sa forme. Le sectarisme sous toutes formes est odieux . Ce n'est qu'un moyen de défense, l'arbre qui cache la forêt. Le postulant ne parviendra que lorsque le voile deviendra miroir. C'est dans ce miroir que se réflèchit l'Identité Véritable. Ce qui se voit dans le miroirde l'âme est invisible du monde extérieur. Le secret de cette métamorphose c'est la manifestation du "Shahid". Ce mot qui signifie témoin n'a pas le sens de martyr que le fanatisme lui attribue surtout à notre époque.

Traditionnellement le soufisme n'est pas l'ésotérisme de l'Islam mais il le contient. Il est n'est que le vase qui contient l'eau de vie. Pour le musulman orthodoxe. la rationalité lui apparait comme un souvenir paien. Il

fait faire attention à l'exagération de l'interprétation car elle risque de créer un voile entre le lecteur et la réalité. Les écrits des anciens maîtres soufis sont indéchiffrables. Les aborder sans un maître vivant c'est rester à la surface des choses. Les extrémistes ne veulent pas ou ne peuvent pas admettre que les méthodes varient en fonction de l'époque à laquelle on vit. Le soufisme se présente d'une manière voilée tout en suivant les fondements de l'Islam. Le voile de l'ignorance est un obstacle sur la connaissance. Dés que le voile se dissipe, la conscience est illuminée . Les voiles se dissipent au fur et à mesure de l'avancée spirituelle. Cest par le dévoilement successif que l'homme réalise qu'il n'y a de réalité que la Réalité. Quant à la femme si son désir est sincère personne ne peut l'empécher de se voiler. Ce n'est en aucun cas une obligation religieuse. Il faut se méfier de l'amalgame entre la religion vraie et le désir de particularisme. Par contre la burqa est une invention du mouvement salafiste ( retour aux pieux prédecesseurs) au Pakistan. Ce voile intégral , récent dans son utilisation, fait partie des éléments les plus rétrogrades de communautés musulmanes qui ne se fonde sur aucune référence coranique. L'enfermement de la femme est totale. Quel dialogue peut-on avoir quand les regards ne peuvent pas se croiser?. Le problème de la burqa est profond et il dépasse le plan du simple aspect vestimentaire. La burka était par les femmes des brahmanes hindoues. C'était un vètement qui vient du polythéisme pré islamique. Souvent des manifestations de rejet sont vécues par l'habillement. Lobscurantisme existe partout, même en Suisse avec l'interdiction des minarets. Le gros problème de l'Islam est que les états musulmans ne considèrent pas la religion comme état intime. On reviendra sur la laïcité. Personne ne peut empécher un individu de croire ou de ne pas croire.,

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